Wednesday 17 July 2019
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Article de Jacques Wullschleger 05.03.2013 – Journal Coopération – Le coup de kick du Brigadier Emery

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par : Jacques Wullschleger
écrit le 05.03.2013 Journal Coopération

Le coup de kick du brigadier Carl Emery (ancien champion du monde de kick-boxing)

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Jacques Wullschleger: Un fou de sport. Et le mot est faible. Jacques Wullschleger (62 ans) a consacré sa carrière au journalisme sportif, d’abord pour la «Feuille d’avis de Lausanne» (devenue «24 heures»)dès 1972, puis au «Matin» dès 1984. Son palmarès parle pour lui: plusieurs Coupes du monde de football, des Tours de Romandie et d’innombrables championnats de hockey, tennis, natation, patinage artistique… Au final, des milliers d’articles, mais aussi des événements et des rencontres qui ont marqué l’homme.

 

Enfant, il rêvait d’être un chevalier. Pas un peu, un preux. Carl Emery avait déjà une fibre médiévale « J’ai une tendresse pour les écrits médiévaux », avoue-t-il, avec tout ce qu’elle renferme de noble : servir, devoir, amitié, amour. « Chevalier, c’est un peu ça, la police », ajoute-t-il au bistrot Capanna de l’Hôtel Best Western de Chavannes-de-Bogis.

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Carl Emery, devant le Best Western de Chavannes-de-Bogis où il organisera les World Martial Arts Games les 10 et 11 août 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Portrait

Carl Emery ? Il est policier ; pardon brigadier, enquêteur à Genève, en poste à Blandonnet, près de l’aéroport.. « J’ai toujours voulu être dans la police. Sitôt la fin de ma carrière de sportif – en 1994 – je suis entré dans cette école, mais à la base, je suis un employé de commerce. » Actuellement, il est au HEG (Hautes Ecoles de Gestion) pour une formation continue. La soif d’apprendre. Toujours. De se perfectionner. Il joue du piano et de l’orgue d’église. Ses deux mots clés, ses moteurs : la passion et le plaisir. L’argent n’a jamais été une motivation. «J’aurais pu en gagner si j’avais pratiqué la boxe. Mon entraîneur était François Sutter. Un grand homme. J’airemporté 10 matches, dont 8 par k.o. J’ai finalement choisi le kick-boxing. C’était ma vie, mon destin. L’argent ? Il en faut mais avec lui, je n’ai eu qu’un objectif : pouvoir nourrir ma famille, le reste est secondaire. »

Carl Emery a trois enfants, 2 filles et un garçon : Saskia, 19 ans, Priscilla, 16 ans et Killian, 14 ans. « Il s’adonne au kick-boxing, mais il joue aussi et malheureusement au football, avec le FC Terre-Sainte.» Comme son papa, il choisira son sport, l’activité où il se sentira le mieux, en phase avec lui-même. Dans sa vie, Carl Emery a pratiqué le judo, le jiujitsu, le karaté et la boxe, avant d’opter pour le kick-boxing. « Là, j’ai pu me réaliser en utilisant les pieds avec mes poings. La boxe, c’était bien mais je ressentais un peu de frustration. » Les sports de combat, c’est sa vie, faite de luttes quotidiennes. Ça tombe bien sur le tatami, il aime aussi la lutte.

Il affirme : « Monter pour la première fois sur un ring, c’est un moment unique dans lequel il faut respecter tout le monde. Tu ne peux plus reculer. Là, la triche n’existe pas. » Il n’a pas dit : plus. Il ajoute : « Je suis parfaitement conscient qu’être deux sur un ring et se taper dessus, c’est stupide. Mais c’est dans la nature humaine, un moment de vérité.» Le fair-play fait partie du kick-boxing, comme la boxe, comme d’autres sports de combats, parce que les coups se donnent en face, les yeux dans les yeux.

Son métier est fait aussi d’interventions. « Une chose m’a toujours révolté, c’est l’injustice. Il faut toujours la combattre. Je m’y emploie, j’essaye du moins ; je suis un utopiste réaliste. » Il ajoute, plus littéraire que matheux : «Il faut croire qu’on va sauver le monde, ça ne peut pas nous faire de mal même si on n’y arrive pas. Je fais ce que je peux en y apportant ma modeste contribution, une goutte dans l’océan. »

Le cinéma

Carl Emery a connu Jacques Audiard, grand réalisateur, sur le tournage du film «De rouille et d’os », avec notamment Marion Cotillard qui fut l’extraordinaire Môme Piaf. «J’ai été conseiller technique sur ce film. J’ai amené du matériel. Ma ceinture de champion, entre autres. On la voit dans le film. » Mais aussi acteur ? « Dès que tu dis un mot, tu es classé comédien. J’en ai dit trois, on me voit 3 secondes après trois jours de tournage. Les scènes prises en boîte où j’étais videur ont été coupées. Acteur ? Non, figurant. » Le cachet : 50 euros par jour. L’acteur, au-delà de son «salaire», touche 350 euros. C’est le tarif syndical.

Carl Emery se souvient qu’enfant, il avait déjà goûté à ces jeux de rôles, parfois drôles. « A l’école primaire, j’avais joué le bœuf de la crèche de Noël. Lors d’un autre spectacle de Noël, j’étais une flamme perchée sur une bougie. » Il rit de bon cœur. Souvenirs, souvenirs…

Le Yamabushi

Carl Emery a été président du club Yamabushi, dont il a été un élève. « Il y en a plusieurs à Genève. Yamabushi fête ses 40 ans cette année. Yama veut dire montagne et bushi, guerrier. Yamabushi signifie donc guerrier de la montagne. » Le Genevois a développé des Yamabushi un peu partout. « A l’étranger, il y en a une quarantaine et une quinzaine en Suisse. » Affaire de connexions, qui rendent belle cette aventure, faites de voyages fréquents.

Il forme tous les professeurs. « J’apporte mon savoir technique. » Il y a quelques temps, lors des relâches genevoises, il s’est rendu à ses frais à Amsterdam, New-York, Orlando et Paris. « Tout ça en une semaine. » A Genève, il encadre les entraîneurs, et sans l’apport d’une équipe soudée et extraordinaire, il ne pourrait pas non plus organiser des soirées.

Carl Emery est le manager de Yoann Kongolo, champion d’Europe de kick-boxing. Un jour, il sera champion du monde. Comme qui vous savez mais la boucle ne sera pas bouclée.

Palmarès

Carl Emery est né le 25 mars 1968 à Genève.

Ancien champion pro de kick-boxing version ISKA et WKN.

1993 et 1994 : champion d’Europe chez les superwelters.

1994 : champion du monde chez les superwelters.

1989 à Graz : 3e aux championnats du monde amateurs (superwelters).

Liens supplémentaires

http://www.youtube.com/watch?v=wezVNnntC08

http://www.dailymotion.com/Yamabushi1968#video=xk0o95

Quiz

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  • Carl      Emery est un amoureux fou de sports de combats. Tellement qu’il les a tous      enregistrés lors des JO de Los Angeles. En quelle année ont-ils eu lieu ?

1. En 1988
2. En 1984
3. En 1998

 

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